
La visite de la Première Dame, Dr Mariem Mohamed Fadel Dah, à Kiffa, où elle a présidé le lancement de la deuxième édition de la saison touristique d’automne dans le cadre du programme « Watani… Wijhati », intervient dans un contexte national marqué par une intensification de la présence sur le terrain dans les wilayas du Sud, à travers la multiplication des visites, des rencontres, des initiatives culturelles et des activités à caractère économique, touristique et social, qui tendent à dessiner une nouvelle géographie de l’action publique, davantage attentive aux réalités territoriales et aux potentialités de l’intérieur du pays.
Loin de relever d’une simple succession de déplacements officiels et de manifestations circonstancielles, cette présence croissante semble traduire une volonté de rapprocher davantage l’action institutionnelle des territoires, en faisant du contact direct avec les populations, de l’écoute des acteurs locaux et de la valorisation des ressources propres à chaque région des composantes essentielles d’une politique de développement qui ne saurait se réduire à la réalisation d’infrastructures ou à l’apport de services, mais qui doit également s’appuyer sur les capacités économiques, culturelles, humaines et sociales dont disposent les différentes composantes du pays.
C’est dans cette perspective que le rapprochement entre les récentes tournées effectuées dans les wilayas du Sud et la visite de la Première Dame dans la wilaya de l’Assaba prend une portée qui dépasse largement la seule chronologie des événements, puisqu’il donne à voir une forme de complémentarité entre les différentes expressions de la présence dans l’intérieur, où les visites officielles, les initiatives culturelles, les manifestations touristiques, les activités communautaires et l’action politique peuvent se rencontrer dans un même espace de proximité, transformant progressivement les territoires en lieux de dialogue entre institutions, élus, partis politiques, acteurs économiques et culturels, société civile et populations.
Cette logique de proximité revêt une importance particulière dans un pays où la consolidation du lien entre le centre et les régions de l’intérieur demeure intimement liée à la capacité des politiques publiques à prendre en considération les spécificités de chaque territoire, non seulement dans l’identification de ses besoins, mais également dans la reconnaissance de ses ressources, de ses savoir-faire et de ses potentialités, car l’intégration territoriale ne saurait être pleinement réalisée si l’intérieur demeure perçu essentiellement sous l’angle de ses déficits, alors qu’il recèle des atouts susceptibles de contribuer directement à la dynamique nationale.
Kiffa constitue, à cet égard, un point d’observation particulièrement significatif, en raison de son statut de l’une des principales villes de l’intérieur et de la diversité des dimensions économiques, sociales et culturelles qui s’y rencontrent, tandis que l’organisation de la saison touristique d’automne offre l’opportunité de mettre en évidence une conception plus intégrée du développement territorial, dans laquelle le tourisme, la culture, l’artisanat, les activités économiques locales et la promotion des savoir-faire peuvent se renforcer mutuellement et contribuer à faire émerger de nouvelles possibilités d’investissement, d’emploi et d’animation économique au bénéfice des populations.
Les saisons d’automne, dès lors qu’elles sont inscrites dans une stratégie durable de promotion des territoires, peuvent en effet dépasser leur caractère ponctuel pour devenir de véritables instruments de mise en valeur des régions, de stimulation de leur attractivité et de construction d’une image renouvelée de l’intérieur du pays, en offrant aux visiteurs comme aux investisseurs une autre perception de ces espaces, fondée non plus uniquement sur leurs contraintes et leurs besoins, mais également sur leurs paysages, leur patrimoine, leurs cultures, leurs ressources humaines et leur capacité à produire de l’initiative et de la valeur.
La présence de la Première Dame à cette manifestation ajoute à cette dynamique une dimension à la fois symbolique et sociale, dans la mesure où elle contribue à mettre en lumière des initiatives directement enracinées dans le tissu local et à accorder une visibilité particulière aux activités culturelles, communautaires, touristiques et humaines qui participent à l’animation des territoires, tout en donnant à ces manifestations une portée qui dépasse le temps de leur déroulement pour les inscrire dans une logique plus large de valorisation des capacités locales et de rapprochement entre les institutions et les communautés.
Dans cette dynamique, la présence et l’accompagnement du parti El Insaf constituent également un élément de la relation entre l’action politique et les transformations qui s’opèrent dans les wilayas de l’intérieur, car la pertinence d’une présence partisane ne réside pas seulement dans sa visibilité lors des cérémonies ou dans sa participation aux différentes étapes du calendrier territorial, mais dans sa capacité à transformer cette proximité en écoute, en suivi et en compréhension des préoccupations réelles des populations, ainsi qu’en accompagnement des initiatives qui émergent des territoires et en articulation de leurs aspirations avec les grandes orientations nationales.
Une telle approche confère à l’action politique une dimension de proximité qui lui permet de mieux saisir les évolutions sociales et économiques à l’œuvre dans les régions, d’identifier les attentes nouvelles qui s’y expriment et de contribuer, par le dialogue et l’écoute, à la construction d’un rapport plus direct entre les communautés locales et les institutions, en faisant de la présence sur le terrain non pas un exercice périodique dicté par les circonstances, mais un véritable instrument de compréhension du pays réel et de consolidation du lien politique et social.
La multiplication récente des initiatives dans les wilayas du Sud semble précisément ouvrir cet espace de convergence, puisque les projets de développement, les manifestations culturelles, les saisons touristiques, les rencontres politiques et les initiatives communautaires s’y déploient désormais dans une temporalité de plus en plus rapprochée, créant les conditions d’une dynamique territoriale où les différentes dimensions de l’action publique peuvent cesser d’évoluer séparément pour participer à une même logique de valorisation des territoires et de renforcement de leur attractivité.
Il serait, dans cette perspective, réducteur de considérer le tourisme indépendamment du développement local, la culture en dehors des réalités économiques ou l’action politique sans rapport direct avec les attentes des populations, car l’efficacité d’une dynamique territoriale repose précisément sur la capacité à faire converger ces différents registres, afin que les manifestations culturelles puissent soutenir l’activité économique, que les initiatives touristiques puissent créer des opportunités pour les jeunes et les acteurs locaux, et que la présence politique puisse accompagner cette évolution par l’écoute, le dialogue et la mise en relation des différentes composantes de la société.
Cette évolution permet également de porter sur les wilayas du Sud un regard plus nuancé et plus fidèle à leur diversité, en les considérant non seulement à travers les défis sociaux, les besoins en infrastructures et les contraintes auxquelles elles demeurent confrontées, mais aussi à travers leurs ressources humaines, leurs patrimoines culturels, leurs paysages, leurs potentialités touristiques et leurs capacités d’initiative, autant d’atouts qui peuvent constituer les fondements d’un développement davantage enraciné dans les territoires et plus largement associé aux populations qui y vivent.
L’enjeu réside alors dans la capacité à inscrire cette effervescence dans la durée, à transformer les manifestations ponctuelles en véritables plateformes de promotion, de partenariat et d’investissement, et à faire en sorte que la présence sur le terrain ne se mesure pas uniquement à la fréquence des visites, mais à la continuité du suivi, à la qualité du dialogue et à la capacité des institutions et des acteurs politiques à accompagner les dynamiques locales au-delà des moments événementiels.
Ainsi comprise, la visite de la Première Dame à Kiffa apparaît moins comme une séquence isolée que comme l’une des expressions d’un mouvement plus vaste, au sein duquel les tournées de terrain, les initiatives culturelles et touristiques, les actions de développement et la présence des acteurs politiques peuvent progressivement se compléter pour construire une relation plus étroite entre l’État, les territoires et les populations, donnant à l’intérieur une place plus visible dans les priorités nationales et permettant surtout de faire évoluer la notion même de présence territoriale, d’une simple concentration de visites et d’activités vers une présence durable, attentive aux besoins, respectueuse des particularités et résolument tournée vers la valorisation des potentialités économiques, sociales et culturelles du pays profond.

